Grands courants en psychologie

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De l'antiquité jusqu'en 1870, les réflexions sur la psychologie font partie de la philosophie.

Différents courants en psychologie se succèdent, s'enrichissent, mais aussi suscitent la polémique jusqu'à nos jours : les courants structuraliste, fonctionnaliste, béhavioriste, gestaltiste, psychanalytique, humaniste, systémique, cognitiviste... Deux attitudes vont s'opposer : les tenants d'une psychologie scientifique et ceux d'une psychologie pragmatique orientée vers l'art de guérir. Par exemple, Nicolas et Ferrand dans leur ouvrage Les grands courants de la psychologie moderne & contemporaine, bien qu'excellent, font néanmoins l'impasse sur les mouvements humanistes, ainsi que sur le changement de paradigme que propose la systémique.

Courant structuraliste

Willem Wundt (1832-1920) propose, en 1874 à Leipzig, une nouvelle science : la psychologie expérimentale, qu'il place entre les sciences de la nature et les sciences humaines. Il considère le contenu de notre pensée comme composé d'éléments psychiques. Ceux-ci seraient de 2 types : les sensations et les sentiments qui sont déterminés par la qualité et l'intensité.

Edward Bradford Titchener (1867-1927) a introduit la psychologie de Wundt aux Etats-Unis, mais ajoute une nouvelle méthode : l'introspection expérimentale, c'est-à-dire l'analyse systématique par le sujet lui-même de ses propres pensées et de ses sentiments pendant les expérimentations sensorielles. Aux attributs de qualité et d'intensité, il ajoute la clarté et la durée. Les éléments de son système sont : les sensations, les images et les affects.

Différents psychologues ont critiqué le structuralisme car ils n'acceptent pas de réduire le comportement à une combinaison de simples sensations, ni de se limiter à l'étude des comportements simples en renonçant à l'étude des comportements complexes, ni de renoncer à explorer les comportements des personnes ne sachant pas décrire leur ressenti.[1]

Courant fonctionnaliste

William James (1842-1910) est considéré comme le fondateur de la psychologie scientifique américaine. Bien qu'il considère la conscience comme le centre d'étude de la psychologie, il n'accepte pas de la réduire à ses éléments, ses contenus, ses structures. Il défend l'importance d'étudier le fonctionnement de cette conscience comme un flot continu qui est en perpétuel ajustement avec l'environnement. Il développera sa théorie du pragmatisme.[2]

Il n'est plus question d'analyser les structures de la conscience mais d'analyser l'activité mentale.

Pour John Dewey (1859-1952), ce qui va ensemble marche ensemble. Il adoptera la conception de James et développera des recherches dans le domaine de l'éducation et sera à l'origine de l'école nouvelle.

Courant béhavioriste

Les psychologues comportementalistes vont se détourner de la structure ou de la fonction de la conscience, c'est-à-dire des concepts mentalistes comme la conscience, l'intention, les images... pour centrer leurs recherches exclusivement sur les stimulus de l'environnement qui entraînent des réactions utiles ou non.[3] Ils ne s'intéressent plus à ce qui se passe dans la boîte noire (l'esprit) mais simplement aux associations stimulus-réponse qui leur semblent objectivable.

L'expérience la plus connue est celle du médecin Yvan Pavlov (1849-1936) qui donne à manger à un chien après avoir chaque fois fait retentir une sonnette. Après un certain nombre de fois, il ne fait que retentir la sonnette sans donner à manger et observe que le chien salive. Les psychologues américains John Brodais Watson (1878-1958) et Burrhus Frederic Skinner (1904-1990) sont des figures importantes de ce mouvement qui dura un demi-siècle.

Cette théorie amènera une conception de l'éducation : récompense — punition.

La notion d'ancrage en PNL est basée sur ce mécanisme comportementaliste. Attendre que le sujet soit dans une émotion particulière et ajouter un stimulus visuel, auditif ou kinesthésique dans le but qu'une association se fasse. Ensuite, lorsqu'on déclenche ce même stimulus, cela favorise que le sujet se reconnecte à l'état émotionnel ancré.

Courant gestaltiste

Au behaviorisme américain, répond un nouveau mouvement allemand qui s'intéresse à la façon dont l'esprit considère les expériences mentales, c'est-à-dire une phénoménologie de la perception. Les psychologues Max Wertheimer (1880-1943), Kurt Koffka (1886-1941) et Wolfgang Köhler (1887-1967) vont les considérer comme un tout organisé, un ensemble, une forme... une gestalt.[4]

Comme les béhavioristes, les gestaltistes rejettent l'introspection.

L'observation d'une illustration dans laquelle deux personnages sont "cachés" et le fait que la première perception empêche de voir l'autre personnage illustre bien cette notion de forme, de gestalt. (Exemples graphiques)

Il ne faut pas confondre, ici, la Gestalt Psychologie et la Gestalt Thérapie. Cette dernière étant une technique de psychothérapie humaniste créée par Fritz Perls.

Courant psychanalytique

D'après la conception psychodynamique, les comportements des individus sont largement influencées par les forces psychiques internes. Sigmund Freud (1856-1939) est considéré comme le concepteur de la psychanalyse. Il propose une méthode thérapeutique basée sur la catharsis, c'est-à-dire rechercher le traumatisme psychisme connecté aux symptômes et le traiter par sa prise de conscience et sa décharge psychique par des manifestations émotionnelles et verbales.[5]

Freud est par cela le père de toutes les psychothérapies actuelles. Seules les méthodes changent mais s'appuient sur le point psychodynamique de départ. Si certains PNListes tournent le dos aux développements de Freud, la majorité lui reconnaissent son importance historique et bien des règles de déontologie actuelles viennent de lui ou bien d'Hyppocrate (-460 à -370).

La psychanalyse s'est scindée en 4 mouvements suivant leur initiateur : Freud, Jung, Adler, Lacan.

Courant humaniste

Le mouvement humaniste en psychologie débute avec les travaux de Carl Rogers (1902-1987) et repose sur l'idée que toute personne a les ressources en elle pour résoudre ses propres problèmes (ce qui s'oppose à la psychologie naturaliste). Il suffit de l'aider le cas échéant à mobiliser celles dont elle a besoin. Il prône que tout accompagnement psychologie doit être centré sur la personne. Il est donc question d'assurer une qualité de relation avec le client/patient.

Ce courant humaniste va engendrer un nombre conséquent (± 500) de méthodes psychothérapeutiques, comme l'Analyse Transactionnelle, la Gestalt-thérapie, l'hypnose ericksonienne... et pour une part la PNL.

Courant systémique

La systémique propose d'analyser une situation dans sa globalité, en opposition à la tradition cartésienne et du réductionnisme qui se concentrent sur l'analyse des éléments séparément. Bien qu'elle soit abordée dans différents domaines (informatique, épistémologie, sciences de l'information et de la communication), en psychothérapie elle a généré une une démarche appelée la thérapie familiale ou encore l'école de Palo Alto, avec certaines figures illustres comme Paul Watzlawick, Virginia Satir, Weakland... C'est une approche qui repose sur un nouveau paradigme : la logique circulaire. Dans cette approche, une personne ayant un problème n'est que le symptôme d'un problème dans le groupe social (famille ou école ou entreprise). Il est donc question de ne pas faire du patient un bouc émissaire mais de traiter tout le système.

Courant cognitiviste

La psychologie cognitive s'opposent au mouvement "béhavioriste". Celui-ci portait son attention sur les stimulus et les réponses à ceux-ci sans s'intéresser à ce qui ce passe dans la "boîte noire", alors que pour les cognitivistes vont porter leurs recherches justement sur cela, sur les processus mentaux, c'est-à-dire l'esprit. Gardner[6] explique en 1985 que la métaphore de l'ordinateur joue un rôle crucial en psychologie cognitive, l'esprit est vu comme un processus de traitement de l'information avec les notions d'accès, de stockage, de récupération.[7] La psychologie cognitive suit le développement de l'intelligence artificielle.

Le MIT[8] organise en 1956 un symposium qui est considéré comme le début de la psychologie cognitive. Ce symposium s'inscrit dans la même veine que les conférences Macy. Lors de cette rencontre George Miller décrit ses recherches sur la mémoire qui montrent que les gens peuvent retenir 7, ± 2 éléments séparés et non-reliés.

Aujourd'hui, la psychologie cognitive s'inscrit dans un ensemble plus vaste qui sont les sciences cognitives, en rassemblant les neurosciences, l'intelligence artificielle, la linguistique...


Notes et références

  1. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, Les grands courants de la psychologie moderne & contemporaine, De Boeck-Université, Bruxelles, 2009, p. 9-34.
  2. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, 2009, p. 35-56.
  3. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, 2009, p. 67-95.
  4. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, 2009, p. 97-138.
  5. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, 2009, p. 139.
  6. H. Gardner, Histoire de la révolution cognitive : la nouvelle science de l'esprit, Paris, Payot, 1985.
  7. Serge Nicolas et Ludovic Ferrand, 2009, p. 165.
  8. Massachusetts Institut of Technology — une des meilleures universités américaines.